mercredi 24 octobre 2012


Comment est née la passion pour la musique ?


Je suppose comme beaucoup à l'adolescence. Certains vivent dans des familles où il est de bon ton de connaitre un instrument de musique. La plupart cependant font ce qu'ils peuvent. A 15 ans j'ai économisé 6 mois d’argent de poche pour m'acheter ma première guitare, une classique. J'habitais en Normandie à l'époque. Je ne sais pas ce quelle est devenue depuis.

J'ai découvert quelques accords par moi-même. Ni cours, ni coach. Je me suis donc immédiatement mis à écrire. C’était magique et ça les resté. A l’internat un grand m'a montré quelques accords.

J'ai d'abord mis en musique des poèmes de Jean-Pierre Ghesquière et Pierre Reverdy. Puis j'ai commencé à écrire. D'abord en anglais puis en français.

Très vite je suis passé à la folk. Je suis parti faire mes études à Paris. J’ai troqué un de mes tableaux contre une guitare douze corde Yamaha. Je jouais mes chansons dans le métro avec un harmonica. Puis j'allais au restaurant dépenser l'argent. Juste pour le fun.


Je sais que ce n’est pas évident, mais si tu devais te présenter en quelques mots ou quelques lignes, que dirais-tu ?


Déjà ce que je ne suis pas : chanteur. J'interprète mes compositions faute d’avoir rencontré des personnes pour le faire. Juste pour en garder une trace écrite. Je ne sais pas lire la musique : il me fallait donc un magnétophone : parfois on entend le feu de bois qui crépite à côté !

Chansonnier parfois, ou plutôt poète. Pas vraiment musicien : je m'accompagne.

J'ai découvert plus tard la magie des arrangements avec la worstation Roland XP45 et le multipiste sur pc avec cakewalk comme DAW, le tout en midi. Un monde passionnant qui m'a permis d’explorer d'autres sons différents du folk.

Donc un peu interprète, beaucoup chansonnier, un peu arrangeur et maintenant auto-producteur avec le studio ou je passe le plus clair de mon temps.


Quelles influences tu revendiques ?


Les chanteurs que j'écoutais en boucle :

Les écrivains : Ferré, Brel, Brassens, Moustaki, Gainsbourg,

Les voix : Piaf, Barbara, Sanson.

Les interprètes : Montand, Aznavour, Reggiani, Dassin.

Les anglo saxons : Dylan, Cohen, « Creedence Clearwater Revival », les Scarabées et les flamands roses.

Pour la musique grecque Théodorakis, Xatzidakis, Savopoulos… Et tant d’autres que j’ai découvert plus tard comme ledZep,..


D'ou vient l'idée de publier maintenant ? Enfin je veux dire à 57 ans.


Laisser une trace. Donner un sens à mon travail. Partager, Peut-être trouver un public qui sait ! Je n'ai jamais pu vraiment me consacrer à la musique. Juste pendant les vacances et parfois les coups de blues. Dix chansons par an. Cet été j'en ai écris soixante. C'est que tout n'est pas perdu !


Tu as monté un Studio. En quelques lignes quels sont les équipements qui en font le coeur ?


Les incontournables ?

En fait depuis le minik7 stéréo on vit une époque d’accélération des possibilités offertes aux musiciens. Et même sans formation première on peut s’équiper à des prix raisonnables. Je ne pense pas trop m’être trompé dans le choix du matériel :


Pour le mixage une console Presonus Studiolive 16 pistes pilotée sur iMac avec StudioOne ;

Pour les arrangements une station Kronos de Korg.

Pour la guitare électrique un Profileur d’amplis Kemper ;

Pour l’électro acoustique le boitier Aura Spectrum de Fishman.

Pour la rytmique le DR-880 de Boss ;

Pour les voix le processeur Voicelive 2 de TC-Helicon,

Pour la compression un rack ADL600 de Presonus.

et bien évidemment quelques micros : Rode, Akg, Shure ;

Pour l’écoute studio et régie j’ai choisi des Rockit et le correcteur Ergo de chez KRK.


Cela ne veut pas dire que je les connais par coeur. Mais j’apprends.



Tu as signé 3 albums ce mois-ci chez Jamendo en licence de libre écoute. Comment les présenterais-tu ?


Pour moi c’est un tryptique.


Avocalypse, le premier est un projet qui me tenait à coeur depuis longtemps. Le multipiste permet de travailler sur les vocalises les onomatopées et le morceau se construit. La moitié des chansons sont sur le thème de la politique mais il y aussi de l'humour.


Ballades, est beaucoup plus classique.  C'est peut-être ce qui convient le mieux a une écoute attentive.

J'aborde des thèmes, personnels, psychologiques parfois dramatiques mais aussi d'humour et poésie.


Acides traduit mes premières expérimentations à la guitare électrique que je travaille depuis 4 ans. C'est surement le plus difficile d'approche car les thèmes sont majoritairement orientés politique et  guerre (8 chansons sur 13).


Comment tu répartis les tâches créatives ?


Je construis d’abord une composition : rytmique, basse, guitare, synthé. Certaines n’acceptent pas facilement une mélodie. Je les élimine. Elles seront travaillées pour d’autres projets. Je place une mélodie et je les range dans un tiroir. Laisser décanter : très important. Laisser le temps faire son tri.

Cette année  il y avait plus de 100 compositions près à accueillir des paroles. En fait 20 sont allées remplir les candidatures de chaque album.

Ensuite c'est Yves Carrion qui choisi et classe. Et je dois dire que ses propositions donnent une dimension nouvelle à chacun des albums. Depuis plus de 20 ans cette collaboration a toujours été précieuse et enrichissante.

Au bout du compte 12 ou 13 chansons sont publiées.


Comment as-tu choisi l’artwork ?


Pour moi les 3 albums sont indissociables. Un instantané 2012 personnel de société.

J'ai choisi 3 aquarelles infographiques que j’avais réalisées en 2004.

Des nuages menaçant dans une steppe au coucher de soleil traduisant l’inquiétude pour l'album Avocalypse.

Le vert et l'eau pour Ballades. Sérénité, mise à distance et réflexion.

Le rouge incendiaire pour Acides qui est un cri et une douleur parfois insupportable.


Comment se passe la chaine de production diffusion promotion ?


Elle est réduite à sa plus simple expression. Lorsque que l'ordre des chansons est définitif, je maquette. Enfin un bien grand mot. Je ne suis pas non plus ingénieur du son, mais je concilie mes oreilles à l'écoute.

Elle est proposée en upload à Jamendo qui la publie quelques jours après.

Et là commence la mise à jour des sites internet que je gère.


Sur free.fr, le site officiel, sur Tumblr. J'annonce sur facebook et twitter les publications.

Je réalise le songbook des albums que chacun peut télécharger sur le site.

Puis je cherche des idées pour des clips de présentation. Pour chacun d’eux je choisi les 30 secondes des passages les plus radiophoniques, une sorte d’audio digest. Puis je réalise un montage avec des footages libre de droit. Tout passe par l’image dans notre société.


Ensuite je construit le clip complet d'une chanson. Ca prend plus de temps. Mais ça permet de continuer à faire vivre la chanson.

Je mets les clips en ligne sur YouTube, Vimeo, Myspace, DailyMotion.


Pas de reproduction mécanique envisagée pour l’instant.

…et je passe à autre chose !


Non : de temps en temps je regarde les taux d'écoute et de lecture, les fans. (rires)

Je prends une photo et je fais un lien vers une chanson.


Que retiens-tu de cette première publication sur Jamendo ?


Dans un monde d'anonymat, il faut un miracle pour que quelqu'un soit reconnu. Et c'est peut-être mieux ainsi. La démocratisation de la communication à ceci qu’elle dilue et souvent nivelle par le bas. Mais c'est une autre histoire. Alors il faut se battre, être imaginatif. Jamendo c’est une idée géniale et tout ce qui est encore gratuit sur internet aussi.

Pour moi qui ne fait pas de scène, ce sera peut-être l'occasion de rencontrer des interprètes. D'avoir un retour .. dans 6 ou 7 ans !

J’ai encore beaucoup à améliorer ! Peut mieux faire dirait le prof !


Quelles étaient tes envies avec l’enregistrement de ces albums ?


Aller au bout d'une publication, terminer un cycle. Celui-ci est ma transition entre la France et la Crête.


Quels sont tes projets maintenant ?


Traduire en grec quelques chansons, rencontrer des interprètes.

Maquetter des chansons écrites depuis 1970 qui n'ont jamais été publiées.

Diffuser d’autres albums musicaux. Et continuer d’écrire composer et apprendre.


Si tu devais citer 3 disques sans lesquels tu ne pourrais vivre ?


Je ne sais pas. J'apprécie beaucoup de musique du monde entier sur chacun des continents. Quand je produis j'écoute peu. Quand je peins j'ai besoin de musique. Classique ou autre.  Peut-être ceux qui m’ont marqués ?

Le premier album de Moustaki qui lui aussi se situe entre deux cultures comme Dassin et Cat Stevens.


Quels sont tes chansons préférées ?


Il y a deux ans on m’a demandé de chanter sur scène des chansons connues. Il se trouve quelles gravitent toutes autour des années 60. Bien évidemment c'est un album qui ne sera jamais publié pour des question de copyright mais ça ma permis de faire le point sur ce que j'aimais :

Dassin - Champs Elysées ; Brel - le plat pays, Amsterdam ; Aufray - Santiano, ;

Ferré c’est extra ; Halliday - le pénitencier, que je t’aime ; Moustaki - le métèque, le temps de vivre ; les scarabés - let it be ;  Cohen - le partisan, Dylan - blowing in the wind, shelter from the storm…


En visitant ton site perso on découvre d’autres passions ?


La pédagogie d’abord. Cette partie est la plus riche du site avec les publications de mes élèves, leur classe d’environnement. En fait au départ c’était le site de la classe !

La peinture et le graphisme avec un aperçu de mon parcours.

Les spectacles donnés à Maridati depuis 4 ans que je film. Eleni Perinou amène des musiciens de toute la Grèce pour s’exprimer sur cette petite scène. On apprend beaucoup en regardant les musiciens sur scène.

Il y a aussi quelques documentaires.

Guitare, pinceau, caméra, photo, montages et apprentissage.


Pour le titre Métacréation ?


C’est ce qui se passe après (meta en grec) la création.


Question plus personnelle. Est-ce que le fait d'être à la retraite change quelque chose ?

Oui c'est une nouvelle vie qui commence et j'espère qu'elle sera longue.


Et le choix de la Crête ?

Les gens sont très accueillants. une île c’est aussi l’isolement nécessaire à la création.



note de l’auteur : cette interview est fictive, les réponses sont elles cependant exactes !

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